Sur le plateau désertique de Memphis, Saqqarah s'impose comme la plus vaste et ancienne nécropole égyptienne. Durant trois millénaires, ce cimetière témoigne de l'évolution funéraire, de la Ire dynastie à l'époque ptolémaïque.
Imhotep y érigea vers 2650 avant notre ère la pyramide à degrés de Djéser, premier édifice égyptien entièrement en pierre, culminant à 60 mètres.
Les découvertes récentes, comme les 50 cercueils du Nouvel Empire en 2020 et le papyrus du Livre des Morts, révèlent continuellement de nouveaux secrets.
Environ 70% du site reste inexploré, promettant encore d'innombrables trésors archéologiques.
Trente kilomètres séparent le centre du Caire du plateau de Saqqarah. Cette position stratégique permettait à l'ancienne Memphis de disposer d'une nécropole grandiose s'étendant sur 10 kilomètres carrés. La rive ouest du Nil accueille ce site exceptionnel, aux confins du désert Libyque, établi entre 14 et 17 kilomètres au sud des célèbres pyramides de Gizeh.
Cette proximité avec la capitale moderne facilite une escapade d'une journée complète. L'étendue considérable du site impose toutefois l'usage d'un véhicule pour circuler entre les monuments et tombes dispersés, la marche seule s'avérant particulièrement éprouvante.
Plusieurs itinéraires mènent à Saqqarah depuis Le Caire, nécessitant habituellement 30 à 60 minutes de parcours selon les conditions de circulation.
Les taxis et voitures privées offrent la solution optimale en termes de confort et de praticité. Une négociation pour la journée entière oscille généralement entre 300 et 400 livres égyptiennes (approximativement 16 à 20 €), garantissant votre transport de retour. Les plateformes Uber et Careem desservent également directement la nécropole.
Les excursions organisées proposent un service complet incluant le transport aller-retour depuis votre hébergement, souvent accompagné d'un guide francophone et parfois combiné avec Memphis ou Dahchour. Cette formule rassemble l'ensemble des frais dans un forfait unique.
Les transports publics demeurent possibles malgré leur complexité. La ligne 2 du métro vous conduit jusqu'à la station Giza, d'où un microbus achève le trajet vers Saqqarah. L'alternative de la ligne 355 depuis Midan Tahrir rejoint également la zone de Giza avant la correspondance en microbus. Quelques voyageurs optent pour la ligne 1 du métro jusqu'à El-Ma'sara, complétant ensuite en taxi.
La location automobile convient aux amateurs d'indépendance, comptez quarante minutes de conduite depuis le centre cairote.
Octobre à avril constitue la fenêtre temporelle idéale pour découvrir Saqqarah, période où la clémence climatique favorise l'exploration. Mars, avril, octobre et novembre se distinguent particulièrement par leur équilibre parfait entre températures supportables et affluence modérée.
Les premières heures matinales ou la fin d'après-midi créent les conditions optimales de visite. Ces moments privilégiés conjuguent fraîcheur relative et tranquillité, permettant une découverte sereine du site. L'été égyptien impose une chaleur écrasante, particulièrement éprouvante lors de l'exploration des tombes souterraines.
Une planification réfléchie évitant les heures de forte chaleur maximise votre plaisir de découverte de ce site extraordinaire.
Imhotep, « Celui qui vient en paix » selon l'étymologie de son nom, cumula des fonctions extraordinaires sous le règne de Djéser au IIIe millénaire av. J.-C.. Ses titres officiels révèlent un génie aux compétences multiples : Chancelier du roi, Chef des pât, Gouverneur du grand château, Grand des voyants, et Maître-artisan des sculpteurs et des maçons. Cette dernière distinction confirme son rôle de concepteur du complexe funéraire de Djéser.
Deux témoignages contemporains attestent de son existence : un socle de statue fragmentaire conservé au Musée du Caire et un graffiti gravé sur le mur nord de l'enceinte du complexe de Sekhemkhet. L'historien égyptien Manéthon lui reconnaît le mérite d'avoir généralisé l'emploi de la pierre dans l'édification des temples et tombeaux funéraires.
Six phases de construction dévoilent une évolution architecturale fascinante. Le mastaba M1 originel, entièrement réalisé en pierres de taille, adoptait des dimensions de 63 x 63 x 8m. L'agrandissement M2 porta ces mesures à 71,5 x 71,5 x 8m grâce à des massifs ajoutés sur les quatre faces. L'extension M3 s'étendit vers l'est, incorporant 11 puits dont le plus profond plonge à 33m.
La transformation pyramidale débute avec P1, englobant entièrement M3 sous quatre degrés pour atteindre 85,5 x 77m et 42m de hauteur. P1' couronna l'édifice de deux degrés supplémentaires, portant les dimensions à 119x107m et 60m de haut. P2 finalisa cette métamorphose avec ses proportions définitives de 121x107m sur 62m.
Cette réalisation marque une double rupture dans l'art bâtisseur égyptien : l'avènement de la forme pyramidale et l'emploi systématique de la pierre de taille en assises régulières. L'inclinaison des tranches de maçonnerie vers l'intérieur conférait au monument une remarquable stabilité.
Les artisans adaptèrent la taille des moellons calcaires selon les étapes constructives : 30cm pour les mastabas, 38cm pour la première pyramide, 52cm pour les deux dernières phases. L'ensemble couvrait 15 hectares, ceint d'une enceinte bastionnée haute de 10 mètres développée sur plus de deux kilomètres.
L'accès s'ouvrait sur une galerie bordée d'une colonnade aux fûts cannelés, transposition lithique des bottes de roseaux ornant les demeures prédynastiques. La cour du Heb-Sed reproduisait l'architecture des festivités jubilaires célébrées après trente années de règne.
Un serdab, ménagé près de l'angle nord-ouest pyramidal, abritait la statue assise de Djéser. Deux orifices cylindriques permettaient au ka royal de contempler les offrandes. Quatorze fausses portes rythmaient l'enceinte, seule celle orientée à l'est près de l'angle sud autorisant véritablement le passage.
La chambre funéraire gît au fond d'un puits carré de 7 mètres de côté, creusé sur 28 mètres de profondeur[141]. Un bouchon cylindrique de granit, pesant plus de trois tonnes, obturait son plafond. Certaines salles arboraient des revêtements de faïences bleues imitant la vannerie, agrémentés de simulacres peints de portes et fenêtres.
Un labyrinthe souterrain de 5,5 kilomètres serpente sous la pyramide. Des recherches récentes suggèrent l'existence d'un système hydraulique sophistiqué : le barrage du Gisr el-Mudir, capable de contenir 400 000 mètres cubes d'eau, aurait facilité l'élévation verticale des pierres. La Deep Trench, installation de traitement hydraulique longue de 400 mètres et profonde de 27 mètres, purifiait l'eau avant son acheminement vers un puits central.
Le complexe de Djéser ne constitue qu'une partie de l'extraordinaire patrimoine de Saqqarah. Cette nécropole dévoile des richesses archéologiques qui traversent plusieurs dynasties, chacune apportant son lot de révélations fascinantes.
Ounas, ultime souverain de la Ve dynastie, légua à l'humanité un trésor inestimable dans sa pyramide funéraire. Les murs de son caveau portent les plus anciens textes religieux funéraires connus : les Textes des Pyramides. Ces inscriptions sacrées, gravées dans la pierre des salles adjacentes, forment un corpus fondamental pour décoder les croyances funéraires égyptiennes. Le temple funéraire, uni au temple d'accueil par une chaussée couverte, exhibait des bas-reliefs peints d'une beauté saisissante.
Viziers, épouses royales et dignitaires choisirent les mastabas comme demeures éternelles. Metjetji, noble de la Ve dynastie, dort dans un tombeau orné de reliefs en creux d'une finesse remarquable.
Ces sculptures le représentent vêtu d'un pagne plissé, coiffé d'une perruque sophistiquée. Mérérouka surpasse tous les autres avec son mastaba gigantesque de 32 pièces décorées, record absolu pour un personnage non-royal. Scènes agricoles, artisanales et familiales parent ces demeures funéraires, reflet de la croyance égyptienne selon laquelle ces images s'animeraient dans l'au-delà.
Auguste Mariette pénétra dans cette nécropole souterraine le 1er novembre 1851. Les taureaux Apis, incarnations terrestres du dieu Ptah, recevaient une momification avant leur inhumation dans des sarcophages monumentaux de granit, pesant chacun plusieurs tonnes. Vingt-quatre de ces géants de pierre reposent dans les galeries, répartis en deux sections distinctes. Ramsès II commanda l'aménagement des petits souterrains, utilisés sans interruption jusqu'à la XXVIe dynastie.
L'importance de Saqqarah comme nécropole privée perdura durant le Nouvel Empire. Cette continuité témoigne de la vitalité persistante du site memphite à travers les siècles.
L'année 2018 marqua la révélation de la tombe du prêtre Wahtye, sanctuaire vieux de 4 400 ans aux décorations murales éclatantes de couleur. Novembre 2020 dévoila plus de 100 sarcophages scellés depuis 2 500 ans. Ces cercueils abritaient les dépouilles de hauts responsables de la Basse Époque et de la période ptolémaïque.
L'exploration optimale de Saqqarah demande une planification réfléchie pour saisir toute la richesse de ce site millénaire.
Le site principal de Saqqarah affiche un tarif d'entrée de 600 livres égyptiennes pour les adultes et 300 livres égyptiennes pour les étudiants. Des accès supplémentaires enrichissent votre parcours selon vos affinités : la pyramide de Djéser demande 280 livres égyptiennes, le tombeau de Mereruka 200 livres égyptiennes, tandis que le Sérapéum exige 340 livres égyptiennes.
Le forfait combiné de 1000 livres égyptiennes constitue un choix judicieux. Cette formule englobe le site principal, le musée Imhotep, les tombes des nobles ainsi que celle de Mehou. L'accès automobile requiert un supplément de 25 livres égyptiennes pour le stationnement.
Les portes de Saqqarah s'ouvrent quotidiennement de 8h à 17h, l'admission finale étant fixée à 16h. Deux heures minimum permettent d'appréhender les monuments essentiels. Une demi-journée ou une journée entière offre néanmoins l'amplitude nécessaire pour une exploration approfondie.
L'hydratation revêt une importance capitale face à l'aridité et aux températures élevées. Des chaussures adaptées s'imposent, le terrain accidenté et l'étendue du site sollicitant intensément la marche. Chapeau et vêtements protecteurs constituent des alliés indispensables contre l'exposition solaire.
La protection de ce patrimoine millénaire impose des règles strictes. L'escalade des monuments expose à des sanctions sévères : amende pouvant atteindre 100 000 livres égyptiennes assortie d'une peine d'emprisonnement minimale d'un mois. Certaines zones appliquent des restrictions photographiques spécifiques, nécessitant parfois un permis ou interdisant l'usage du flash.
Saqqarah dévoile un extraordinaire voyage à travers les âges, chaque époque ayant laissé sa signature distinctive sur ce plateau sacré.
L'aristocratie de la Ire dynastie établit ses premières fondations funéraires à Saqqarah-Nord. La tombe 3357 témoigne du règne de Hor-Aha, second souverain de cette dynastie fondatrice. Les monarques de la IIe dynastie choisirent ensuite Saqqarah-centre pour y installer leur nécropole royale, marquant déjà l'importance stratégique de ce site.
Entre 2700 et 2200 avant notre ère s'épanouit l'apogée architectural égyptien, englobant les IIIe, IVe, Ve et VIe dynasties. Les pyramides royales devinrent le cœur pulsant de la nécropole, matérialisant dans la pierre la toute-puissance pharaonique et son rôle cosmique.
Le transfert de la capitale vers Thèbes puis Licht entraîna un certain délaissement du site. Cette période laissa peu de traces monumentales privées, témoignant du déclin temporaire de l'influence memphite.
Memphis retrouva son lustre durant les XVIIIe et XIXe dynasties, attirant à nouveau l'élite égyptienne. Nobles et courtisans érigèrent des tombeaux couronnés de temples-chapelles funéraires élaborés, renaissance architecturale qui redonna vie au plateau.
La vénération des divinités locales atteignit son paroxysme sous les Ptolémées et les empereurs romains, transformant certains sanctuaires en destinations de pèlerinage majeures.
Cette utilisation ininterrompue sur plus de trois millénaires et demi fait de Saqqarah le témoin le plus éloquent des transformations funéraires égyptiennes, chaque strate révélant les évolutions religieuses et artistiques de cette civilisation exceptionnelle.
L'inclusion de Saqqarah enrichit considérablement votre parcours égyptien. Contrairement aux pyramides de Gizeh où les foules peuvent altérer l'authenticité de l'expérience, cette nécropole vous accueille dans une sérénité propice à l'immersion. L'exploration s'effectue selon votre propre cadence, sans cohue ni pression temporelle, croisant parfois seulement quelques visiteurs éclairés.
Cette destination détient les clés de l'évolution architecturale pharaonique. Observer la progression des mastabas vers les structures pyramidales confère une dimension supplémentaire à votre future découverte des géants de Gizeh. Cette approche chronologique structure votre compréhension de la civilisation égyptienne selon une logique historique cohérente.
Le plateau offre également un point de vue remarquable sur deux des trois pyramides de Gizeh à l'horizon, révélant l'étendue impressionnante de la nécropole memphite. Cette perspective met en lumière l'ampleur extraordinaire du legs architectural égyptien.
L'actualité archéologique maintient Saqqarah dans une dynamique de découverte permanente. Chaque campagne de fouilles apporte son lot de révélations inédites, faisant de votre visite une rencontre avec un patrimoine en constante redéfinition.
L'optimisation géographique permet d'associer Saqqarah à Memphis et Dahchour lors d'une même excursion, amplifiant votre exploration de l'ensemble memphite.
Q1. Quelle est la meilleure période de l'année pour visiter Saqqarah ?
La période idéale s'étend d'octobre à avril, avec une préférence pour les mois de mars, avril, octobre et novembre qui offrent des températures agréables et une fréquentation modérée. Il est recommandé de visiter tôt le matin ou en fin d'après-midi pour éviter la chaleur et profiter d'une atmosphère plus calme.
Q2. Combien coûte l'entrée à Saqqarah et que comprend le billet ?
L'entrée au site principal coûte 600 livres égyptiennes pour les adultes (300 pour les étudiants). Un billet combiné à 1000 livres égyptiennes est disponible et inclut le site principal, le musée Imhotep, les tombes des nobles et Mehou. Des billets supplémentaires sont nécessaires pour la pyramide de Djéser (280 LE), le tombeau de Mereruka (200 LE) et le Sérapéum (340 LE).
Q3. Comment se rendre à Saqqarah depuis Le Caire ?
Saqqarah se situe à environ 30 kilomètres au sud du Caire, soit 30 à 60 minutes de trajet. Vous pouvez y accéder en taxi ou voiture privée (300-400 LE pour la journée), via des excursions organisées avec guide, ou en transports en commun en prenant le métro ligne 2 jusqu'à Giza puis un microbus.
Q4. Combien de temps faut-il prévoir pour visiter Saqqarah ?
Prévoyez au minimum deux heures pour voir les principaux monuments, mais une demi-journée ou une journée complète est recommandée pour une visite approfondie.
Le site est vaste avec de nombreux monuments répartis sur 10 kilomètres carrés, nécessitant un véhicule pour se déplacer confortablement entre les différents points d'intérêt.
Q5. Qu'est-ce qui rend la pyramide à degrés de Djéser si importante ?
Construite vers 2650 avant notre ère par l'architecte Imhotep, elle représente le premier édifice entièrement bâti en pierre en Égypte et la première pyramide jamais construite. Haute de 60 mètres, elle marque une révolution architecturale en passant des mastabas plats aux structures pyramidales, préfigurant toutes les pyramides ultérieures dont celles de Gizeh.
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