L'Égypte ancienne est l'une des civilisations les plus fascinantes et les mieux préservées de l'histoire humaine, avec une continuité remarquable de plus de 3 000 ans.
Les pharaons qui ont gouverné cette terre mythique ont laissé derrière eux des monuments colossaux, des textes sacrés et des légendes immortelles qui continuent d'émerveiller le monde entier.
Comprendre l'histoire des 30 dynasties pharaoniques, c'est plonger au cœur même de l'âme de l'humanité et découvrir comment une civilisation a pu atteindre une telle perfection artistique, spirituelle et architecturale.
Le mot « pharaon » vient de l'égyptien ancien Per-Aa, qui signifie « la Grande Maison », c'est-à-dire le palais royal. Avec le temps, ce terme a désigné le roi lui-même et son autorité divine sur toute la terre d'Égypte.
Le pharaon n'était pas simplement un chef politique — il était considéré comme un dieu vivant sur terre, l'intermédiaire sacré entre les hommes et les divinités. Il incarnait Horus de son vivant, puis devenait Osiris après sa mort. Ce statut divin lui conférait un pouvoir absolu : religieux, militaire, judiciaire et administratif.
Les historiens en dénombrent plus de 170, répartis sur 30 dynasties officielles, de 3100 avant J.-C. jusqu'à la conquête d'Alexandre le Grand en 332 avant J.-C. — soit plus de 27 siècles d'histoire ininterrompue.
C'est le prêtre égyptien Manéthon, au IIIe siècle avant J.-C., qui a le premier classé les pharaons en 30 dynasties successives. Les égyptologues modernes utilisent encore ce classement aujourd'hui, en le complétant par de grandes périodes historiques.
On distingue l'Ancien Empire (dynasties III à VI), connu pour la construction des grandes pyramides ; le Moyen Empire (dynasties XI à XII), période de renaissance culturelle et littéraire ; et le Nouvel Empire (dynasties XVIII à XX), l'âge d'or de la puissance militaire et architecturale de l'Égypte.
Entre ces grandes périodes de gloire, les Périodes Intermédiaires marquent des phases de fragmentation politique, d'invasions étrangères ou de guerres civiles. Ces moments de chaos rendaient encore plus éclatant et symbolique le retour de l'ordre sous de nouveaux pharaons unificateurs.
De l'Ancien Empire, Djoser (IIIe dynastie) commande la première pyramide à degrés de Saqqara, révolution architecturale sans précédent. Puis Khéops, Khéphren et Mykérinos (IVe dynastie) érigent les trois pyramides monumentales de Gizeh, dont la Grande Pyramide — seule des Sept Merveilles du monde antique encore debout aujourd'hui.
Du Moyen Empire, Montouhotep II réunifie l'Égypte après une longue période de chaos, et Amenemhat III renforce l'administration et multiplie les constructions.
Du Nouvel Empire, les noms résonnent encore : Thoutmosis III, conquérant légendaire ; Hatchepsout, reine bâtisseuse visionnaire ; Akhenaton, pharaon révolutionnaire ; Toutânkhamon, dont la tombe intacte a émerveillé le monde en 1922 ; Séthi Ier, maître de l'art funéraire ; et Ramsès II, le plus célèbre de tous.
Des dynasties tardives, Psammétique Ier et Nectanébo II ont tenté de préserver l'indépendance égyptienne face aux Perses et aux Grecs, avant que la conquête d'Alexandre le Grand ne mette fin à 3 000 ans de civilisation pharaonique autochtone.
La XVIIIe dynastie s'ouvre avec Ahmosis Ier, qui chasse les Hyksos, ces envahisseurs étrangers établis dans le Delta depuis plus d'un siècle, et réunifie le pays en lui donnant un nouvel élan conquérant.
Son successeur Thoutmosis III, surnommé le « Napoléon de l'Antiquité », mène 17 campagnes militaires en Asie et porte l'empire égyptien à son extension maximale, de la quatrième cataracte du Nil jusqu'à l'Euphrate.
Hatchepsout gouverne l'Égypte avec une autorité totale pendant plus de 20 ans, se faisant représenter avec la barbe postiche royale.
Elle lance des expéditions commerciales vers le mystérieux pays de Pount et fait construire son splendide temple funéraire à Deir el-Bahari, chef-d'œuvre absolu de l'architecture égyptienne.
Akhenaton bouleverse l'ordre religieux millénaire en imposant le culte unique d'Aton — ce que beaucoup considèrent comme le premier monothéisme de l'histoire.
Sa femme Néfertiti partage ce pouvoir révolutionnaire. Leur fils Toutânkhamon restaure les anciens cultes et reste célèbre pour sa tombe découverte intacte en 1922, remplie de plus de 5 000 objets en or et pierres précieuses.
Ramsès II (vers 1279–1213 avant J.-C.) règne pendant 67 ans — un record absolu dans l'histoire pharaonique. C'est l'ampleur de ses réalisations sur tous les plans simultanément — militaire, diplomatique, architectural et artistique — qui lui vaut le surnom de « Ramsès le Grand ».
Sa bataille la plus emblématique est celle de Qadesh, vers 1274 avant J.-C., contre les Hittites en Syrie. Militairement indécise, il la transforme en triomphe gravé sur les murs de ses temples.
Il signe ensuite avec le roi hittite Hattousili III le premier traité de paix international connu de l'histoire — document diplomatique d'une modernité stupéfiante.
Le plus impressionnant reste le temple d'Abou Simbel, taillé dans la falaise rocheuse de Nubie, orné de quatre statues colossales de 20 mètres à son effigie.
Aligné avec une précision astronomique extraordinaire, un rayon de soleil illumine l'intérieur deux fois par an aux équinoxes.
Son temple funéraire à Thèbes, le Ramesseum, est orné de bas-reliefs d'une beauté incomparable. Sa grande épouse Néfertari bénéficie d'un honneur rarissime : un temple entier lui est dédié à Abou Simbel.
Saqqara est le vrai berceau de l'architecture monumentale en pierre. C'est là qu'Imhotep, premier génie de l'architecture connu par son nom, construit vers 2650 avant J.-C. la pyramide à degrés de Djoser — première grande structure en pierre de l'histoire humaine.
Ce site abrite aussi des dizaines de mastabas, de tombes décorées et de galeries souterraines qui livrent encore régulièrement leurs secrets aux archéologues.
La Grande Pyramide de Khéops, avec ses 138 mètres de hauteur et ses 2,3 millions de blocs de pierre, reste l'un des exploits techniques les plus ahurissants jamais accomplis.
L'alignement astronomique précis de l'ensemble du complexe témoigne d'une maîtrise des mathématiques et de l'astronomie qui continue de stupéfier les scientifiques modernes.
Le complexe de Karnak, avec ses 200 hectares et ses forêts de colonnes gigantesques construites sur plus de 1 500 ans, est le plus grand complexe religieux jamais édifié dans l'histoire de l'humanité.
Sur la rive ouest du Nil, la Vallée des Rois abrite les tombes décorées de fresques somptueuses des pharaons du Nouvel Empire, dont celle de Toutânkhamon découverte intacte en 1922.
Les obélisques représentaient le rayon de soleil pétrifié et étaient placés devant les temples pour rayonner l'énergie divine. Taillés dans une seule pièce de granit massif sur plus de 30 mètres de hauteur, ils représentent un défi technique encore impressionnant aujourd'hui. L'obélisque de Louxor, érigé par Ramsès II, trône place de la Concorde à Paris depuis 1836.
Il y a eu officiellement 30 dynasties, couvrant environ 3 000 ans d'histoire, depuis l'unification de l'Égypte vers 3100 avant J.-C. jusqu'à la conquête d'Alexandre le Grand en 332 avant J.-C.
Le pharaon Narmer (aussi appelé Ménès) est considéré comme le premier pharaon, celui qui a unifié la Haute et la Basse Égypte vers 3100 avant J.-C. et fondé l'un des premiers États centralisés de l'histoire humaine.
Oui, dont Hatchepsout (XVIIIe dynastie), qui a gouverné avec la même autorité totale qu'un homme pendant plus de 20 ans, et Cléopâtre VII, dernière souveraine d'Égypte avant la domination romaine en 30 avant J.-C.
Les pyramides étaient des tombeaux monumentaux destinés à garantir la résurrection et la vie éternelle du pharaon. Leur forme symbolisait le rayon de soleil descendant du ciel vers la terre, représentant l'ascension du roi défunt vers les dieux.
La momification était un rituel funéraire sacré visant à préserver le corps physique du défunt, car les Égyptiens croyaient que l'âme (Ka) avait besoin de retrouver son corps intact pour accéder à la vie éternelle dans l'au-delà et rejoindre le dieu Osiris.
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